BIOGRAPHIE : SHARON BURCH

Sharon Burch, Chanteuse et écrivaine Navaho, est la fille d’un père allemand et d’une mère Navaho. Pour elle, grandir dans une double culture, est un cadeau.

« Mon grand-père était un guérisseur Navaho qui a suivi un cheminement spirituel. Il avait une approche très positive de la vie. Il a élevé ma mère dans le respect des Autochtones et des Non-Autochtones, laquelle nous a appris à ne pas avoir peur de ce qui pouvait nous arriver dans la vie, parce qu’à la fin, tout retourne à la beauté ».

Dans sa musique et dans sa vie, Burch a su garder un cheminement spirituel, trouvant le moyen de garder l’harmonie entre les traditions Navajo et les exigences de la vie moderne du monde non-autochtone.

« Le monde croit que je suis d’abord une musicienne, mais ma priorité est ma famille. Je travaille avec des personnes handicapées – enfants et adultes – qui ont des besoins spéciaux. C’est ce que je fais réellement comme travail, même si je suis en congé de maternité pour mon second enfant.

« Les gens me dise que ma musique est superbe, pourquoi n’en jouez vous pas à temps plein ? » C’est pour maintenir un certain équilibre dans ma vie. Je ne veux pas que la musique devienne un travail, je veux qu’elle soit un cadeau. Lorsqu’on me demande de donner un spectacle, je le fais, mais je cherche pas de contrat, je n’ai pas de plan de carrière. »

Burch a enregistré trois albums pour la maison de disques, Canyon Records, incluant « Touch the Sweet Earth (Touche la Douce Terre) »,lancé en 1995, gagnant d’un Indie Grammy pour meilleur album d’artiste autochtone en 1996. Sa musique respecte son enfance baignant dans la tradition Navaho et reflète aussi son regard bi-culturel combinant des paroles Navaho et des mélodies à la guitare de style Western.

« J’ai grandi en voyageant avec ma mère et mon grand-père pour assister aux cérémonies que mon grand-père célébrait. Ils me racontent qu’enfant je me joignais à eux pour chanter, chose que je ne me souviens pas. Toutefois, je me rappelle le son de la musique qui faisait vibrer le « hogan », une maison Navaho, et qui m’entourait.

Au collège, Burch commence à chanter dans les festivals folkloriques, même si elle éprouve de la difficulté à gérer sa peur de la scène. En 1980, elle rencontre A. Paul Ortega, lequel lui demande de faire un album avec elle. Elle dit de lui : « Je l’idolâtrais. » Et, répondant à son offre : « Mais vous ne m’avez pas entendu chanté ? » À cela, il a ajoute : « Je sais ces choses ». Sharon de poursuivre : « J’ai su plus tard qu’il était un guérisseur Apache. » Puis, nous avons collaboré ensemble à produire un album, lequel a pris près de 4 ans à faire ».

Collaborant à l’album « The Blessing Way » d’Ortega où elle chantait en tant que choriste, elle finira par y interpréter une chanson solo. À ce moment, elle décidera de créer ses propres chansons, basées sur l’enseignement de son grand-père. « J’ai demandé à mon grand-père si je pouvais utiliser ses chansons, ou mes interprétations de celles-ci. Il m’a répondu que je pouvais. « Yazzie Girl », le premier album solo de Burch lancé en 1989 comprend autant de chants et de musiques traditionnels que de chansons composées par Burch.

Sa voix alto mielleuse accompagnée de guitare font que l’album est un cadeau tant pour les Navahos que pour les non-Autochtones. « Je chante en Navaho en signe de respect pour la terre, ma famille et pour ma langue maternelle. Je ne parlais pas anglais jusqu’au jour où j’ai été en maternelle et j’ai encore des tantes qui ne parlent pas anglais et ces femmes sont vraiment importantes pour moi ».

« Les chansons m’aident à garder un équilibre. Lorsque je suis en colère ou que la tension monte, je mets l’album et je me rappelle les paroles de mon grand-père. C’est okay de faire l’expérience du négatif pourvu qu’il y ait un certain équilibre. »

« Quelques fois, je pense aux gens qui veulent protéger leurs enfants du monde. Ils envoient leurs enfants dans des écoles privées ou de bande. Et cela est vraiment injuste pour l’enfant. Ils devraient être exposés à tout parce que le monde nous appartient aussi et je veux que mes enfants expérimentent tout cela. Avoir un père allemand et une mère autochtone l’a aidée à comprendre qu’un être humain peut être en lien avec tout le monde, pas juste connaître son peuple. La planète entière appartient à tous, il ne devrait pas y avoir de frontières. »

DISCOGRAPHIE : SHARON BURCH

1989 Yazzie Girl
1995 Touch the Sweet Earth


(Retour à la page 'Nos Artistes' )

Vive la différence !