BIOGRAPHIE : ANNIE HUMPHREY

Née et élevée sur une réserve Objiway au nord du Minnesota, elle y apprend d’abord les batailles à livrer pour survivre en tant que minorité. Désireuse d’explorer un monde plus vaste, elle quitte la réserve et joint les Marines des Etats-Unis, parcourt le pays d’un océan à l’autre et fut mise en station au Japon. Lorsqu’Annie retourne à la maison, dans son village natal, c’est de son propre chef qu’elle le fait. Elle dit vivre près de la nature, sans électricité et sans l’eau courante, dans un simple chalet qu’elle a aidé à construire.

Une femme forte, déterminée et complexe dont les expériences de vie peuvent s’entendre dans ses chants. Elle dit qu’elle ne veut pas servir de porte-parole pour aucun groupe particulier, même qu’elle n’hésite pas à utiliser sa musique pour attirer l’attention sur des causes en lesquelles elle croit. Humphrey fait plus que chanter, elle travaille dans des prisons locales pour des détenues pour lesquelles elle écrit des lettres et chante. Elle se dédie à préserver le territoire et à protéger la nature sauvage ainsi que les médecines naturelles. Elle supporte aussi les efforts pour contrôler l’exploitation du bois de la forêt de la réserve nationale de Chippewa. De plus, elle enseigne aussi les savoirs-faire traditionnels tels les techniques de perlage ainsi que la récolte du riz sauvage et du syrop d’érable aux jeunes de la réserve.

Humprey a écrit toutes les chansons sur son album, à l’exception de « Falling Down and Falling Apart (S’écrouler et s’effondrer)», une chanson écrite par Sherman Alexie (« Smoke Signals ») et par Jim Boyd. Sa mère, la célèbre auteur Anne Dunn, fut l’inspiration derrière la chanson « 500 years (500 ans) ». Son associé en écriture, Carson Gardner a écrit plusieurs paroles sur l’album. Gardner, une histoire unique lui-même, a laissé la pratique comme médecin pour mieux servir ceux qui sont dans le besoin sur la réserve. Le titre de l’album CD relate la conversion personnelle de Carson : l’histoire remarquable d’un grand héron bleu venu visiter Gardner et qui a littéralement changé sa vie.

Plusieurs chansons de l’album « The Heron Smiled (Le héron a sourit ) » reflète la vision et l’héritage Anishnaabe Objiway . L’album débute avec différentes versions de la chanson « Spirit Horses (Esprit des Chevaux) ». Basée sur l’histoire de sa mère qui raconte l’histoire d’un garçon qui apprend un chant de rêve et l’utilise pour appeler l’Esprit des chevaux, tout ceci parle de l’espoir d’une nation pour les enfants de sa génération à apprendre leurs chants traditionnels. Sur une version très connue du chanteur-poète et activiste autochtone John Trudell, Trudell fait écho à la voix d’Annie avec sa touche particulière et marque de commerce, le désir de libération, de délivrance qui obsède l’esprit. Trudell, une influence majeure et bon ami d’Annie, apparaît sur la pièce « DNA (ADN)», une chanson qui parle de la vie de Trudell. Dans les années 70, Trudell a brûlé un drapeau américain en face des bureaux-mères du FBI à Washington D.C. Douze heures plus tard, sa femme, ses enfants et sa belle-mère furent tués lorsqu’un feu d’une origine inconnue a brûlé sa maison. Au sujet de cette chanson, Humphrey explique : « La force d’un peuple et de ses ancêtres se cache dans notre ADN ».
« Same Old Years (Même vieilles années) » s’inspire du fait que la chanteuse réalise qu’il y a tant de choses qui demeure, reste pareille, année après année, surtout sur une réserve. « Je me suis engagée dans les marines », note Humphrey, « et je suis revenue un an plus tard seulement pour retrouver les mêmes gens assis aux mêmes endroits dans les mêmes bars ».

La chanson épique « 500 years (500 ans) » de l’album fut écrite par Annie, sa mère et co-auteur Carson. Elle parle des 500 ans de génocide et récite une foule de noms, d’endroits et de phrases fétiches pour les Autochtones qui nous rappelle autant les injustices que les tentatives, les efforts héroïques. En ce sens, Annie Humphrey « J’espère que peut-être ces mots inspireront d’autres personnes à porter plus d’attention à notre passé. » « La conscience, la sensibilisation est tellement importante pour combattre l’injustice. » « À la fin de cette chanson, je parle du chêne rouge, le seul arbre qui garde ses feuilles en hiver. Comme les feuilles du chêne rouge, nous demeurerons toujours ici.»

Mais ce n’est pas toute la musique d’Annie qui est politique ou historique. Il y a aussi des chansons d’amour comme « But this Love (Mais cet amour) » avec son message que « le gazon peut sembler plus vert ailleurs, mais trop souvent ne l’est pas », d’expliquer Annie. « Much Sense (Plus (+) de sens) » annonce que peu importe combien tu te donnes en amour, tu reçois en retour et même plus ». Et la chanson « I Can Hear You (Je peux t’entendre » dans son essence dit : « Quelqu’un loin de toi peut te manquer, mais tu peux toujours rester spirituellement en contact avec. » « See her (Regarde-la) » nous apprend que : « Une femme peut avoir des enfants, mais qu’elle peut quand même se sentir seule et ressentir le besoin d’être reconnue comme une personne. » « Call me (Appelle-moi) » parle de n’importe qui emprisonné – en prison, à la maison ou dans son esprit ».

C’est dès sa première année au primaire que son père lui apprend à jouer de la guitare. Deux ans plus tard, elle joue du piano, l’apprenant de son propre gré, et compose ses premières chansons. Très tôt, elle fut inspirée par la musique de son père et par l’écriture de ma mère, Ann Dunn, une auteure et conteuse connue qui a publié deux contes autochtones.

Dans sa jeunesse, elle apprend à chanter avec les chansons des Carpenters, Fleetwood Mac, John Denver, Pat Benatar et Stevie Nicks. À l’école secondaire, elle se met à écrire sur une base régulière. Après deux ans dans un collège autochtone, elle commence à prendre sa musique plus sérieusement. Elle visionne le documentaire de U2 « Rattle and Hum’ » et décide : « Je ne veux pas chanter des chansons vides de sens. Je veux chanter à propos de sujets que je ressens profondément et choisir des causes auxquelles je peux prêter main forte. » Elle rencontre le guitariste Don Robinson à un jam session et bientôt ils écrivent des chansons de protestation ensemble et se produisent à des concerts bénéfices autochtonces. Par la suite, ils enregistrent un album lancé au niveau régional en 1989 intitulé « For the Children (Pour les enfants) ».

Se sentant étouffée dans la réserve, Humphrey rejoint les « Marines » quitte Minnesota pour la première fois, et va en camp d’entraînement en Caroline du Sud et sera mise en station à Okinawa au Japon où elle joue dans deux groupes. Dans l’un des groupes, elle chante des chansons de Natalie Merchant et d’Edie Brickell ; dans l’autre groupe qui est heavy-métal qui couvre des groupes tels qu’Ozzie Osbourne, Metallica et Judas Priest, où elle dit qu’elle a appris à crier des paroles. Ensuite, elle rejoint les forces au Camp Pendleton à San Diego où elle prend part à un groupe pop-rock de la même veine que le « Dave Matthews Band ». Une fois son contrat terminé avec les « Marines », elle décide de s’inscrire à l’Académie de Police dont elle gradue avec honneur, mais décide de ne pas poursuivre sa carrière musicale alors que son besoin de s’exprimer se fait davantage ressentir. Après avoir écouté Reba McEntire dire que la leçon la plus valable qu’elle ait jamais appris fut celle de chanter à partir de son cœur. Humphrey sort sa guitare et se met de nouveau à écrire des chansons.

Aux études à l’Université du Dakota Nord à Grand Forks, elle commence professionnellement à donner des spectacles dans des Cafés, des « Coffee Houses. « À l’école, je concentrais mon programme d’études dans les Arts- peinture, sculpture et histoire de l’Art », de mentionner Annie. Elle enregistre son premier album solo, « Justice Hunter », lancé au niveau régional en 1995. Elle redéménage dans sa réserve Objiway nataleet commence à se produire dans les écoles, les ateliers-conférences, les rallyes pour femmes battues et les cafés à travers tout le nord du Minnesota. Elle chante aussi les chants traditionnelles autochtones au Théâtre Ordway à St-Paul. Sa première apparition nationale survient lorsqu’elle participe à l’enregistrement de trois pièces de l’album « Whispering Tree », lancé par la maison de disques Makoché pour laquelle elle enregistrera par la suite.

« Ma musique affirme plusieurs choses auxquelles je crois fermement », de dire Humphrey. « L’amour est difficile à trouver et devrait être chéri. Nous avons besoin de porter attention et soins aux enfants partout où ils se trouvent dans le monde. L’abus d’alcool et les problèmes humains sont partout. Les gens de partout ont besoin de guérir. Personne ne devrait en juger une autre par la couleur de sa peau. J’ai beaucoup de considération à l’égard de quelqu’un qui suit la voie sacrée et honore la terre en agissant à titre d’Autochtone pour notre planète. »

Son nouveau CD « The Heron Smiled » par Makoché, une étiquette indépendante gagnante de prix, est bien connue pour avoir présenté la meilleure musique d’influence autochtone.

« En étant une chanteuse autochtone, les gens espèrent plusieurs choses, mais je ne veux pas me limiter sur ce que je pourrais chanter. Mon héritage autochtone fait partie de qui je suis, alors il y en a un peu qui jaillit sur ma musique, mais je chante à propos d’une variété de conditions humaines. Je veux juste dire la vérité au sujet du monde tel que je le vois. »


DISCOGRAPHIE : ANNIE HUMPHREY


DISQUES COMPACTS- CD

200 0 « The Heron Smiled »

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