BIOGRAPHIE : ROBERT MIRABAL

Robert Mirabal est un compositeur talentueux, musicien et artiste sculptant lui-même ses flûtes. Sa résidence permanente se trouve à Taos Pueblo, village autochtone millénaire, au centre-Nord du Nouveau Mexique où il est né et continue d’être un des leaders de la musique contemporaine.

« Je suis une part de deux mondes différents », explique Mirabal, « Il y a la culture autochtone qui est mon héritage et la culture rock & roll avec laquelle j’ai grandi. Je peux séparer les deux bien sûr, mais elles font partie de qui je suis, alors un des buts de ma musique est d’exprimer cette combinaison. Et lorsque j’ai grandi, toutes sortes de gens venaient à notre école pour partager leur musique – B.B. King est venu jouer pour nous, un joueur de cornemuse de l’Écosse et un danseur flamenco de l’Espagne. Éventuellement, j’ai voyagé à travers le monde, de Russie à Haïti, d’Irlande à l’Écosse, tous des endroits dont j’ai lu les articles dans la revue National Geographic. C’était fascinant. Cela m’a fait réalisé que l’Amérique ressemble à un grand projet de science. Les dieux ont mis ensemble tous ces gens différents ensemble et nous apprenons à vivre avec chacun d’eux. C’est aussi vraiment satisfaisant de pouvoir aider d’autres personnes qui reconnaissent qu’elles ont à l’intérieur d’eux différentes cultures».

L’ampleur de la vision musicale de Mirabal fait démentir ses origines simples. Il a débuté à fabriquer des flûtes autochtones traditionnelles alors âgées de 19 ans, plus dans un sens de survie qu’au sens d’une passion pour en jouer. Une représentation bien reçue du public à un musée lui a fait comprendre la demande pour sa musique. Et avec un petit prêt de sa grand-mère, il a enregistré son premier album dans un studio local. Avec l’explosion de la popularité de la musique Nouvel Âge, il est devenu l’un des artistes autochtones les plus visibles, partant régulièrement en tournée et vendant des milliers de cassettes. « Je n’avais aucune idée de ce qui allait arriver avec tout cela, mais après un moment j’ai réalisé comment la flûte m’était précieuse», rappelle Mirabal. « Ce morceau de bois m’a donné une vie, une manière de survivre. Et cela m’a donné une raison de communiquer ».

En 1990, Eiko et Koma, des danseurs japonais modernes se sont produit en spectacle à Taos et ont été envoûtés par la beauté et l’esprit de la région. Leur expérience du Sud-Ouest leur a inspiré une danse original dont Robert avait le mandat d’écrire et de jouer la musique. Sa pièce, Land «Terre ou territoire», combinant la musique autochtone traditionnelle et des éléments contemporains euro-américains, a reçu les louanges des Etats-Unis, d’Europe et du Japon. Chose cocasse, c’est que toute impression de nouveauté a rapidement disparue puisque les flûtes de Mirabal demeurent exposées à l’Institut Smith du Musée national depuis 1992. Et Robert a reçu le prix « Bessie » du New York Dance and Performance pour sa composition « Land ». Son oeuvre fut enregistrée l’année après ses débuts de lancement avec la compagnie Warner.

Avec l’album Mirabal, Robert a prouvé que ses cultures soi-disantes disparates sont en fait totalement compatibles. Il est et nous rappelle un homme de son temps et aussi un descendant de ses ancêtres. Une clé pour combiner les sons traditionnels autochtones avec les influences rock et pop, d’après lui, est de garder le cœur et l’esprit ouverts à toutes possibilités. Une autre est de se trouver un groupe plein d’experts.

« En grandissant, j’écoutais Bob Dylan, Bruce Springsteen… beaucoup d’artistes différents. Mais un auquel je m’attachais fut John Mellencamp, depuis que je suis très petit. Et tout d’un coup, arrive Mike Wanchic, son guitariste, qui voulait produire un de mes albums. Depuis, nous avions Kenny Aronoff à la batterie et Andy York à la guitare. Ils étaient habitués de jouer une musique d’une certaine culture, celle des petites villes du MidWest d’où provient John (Mellencamp). Mike et moi avons cet incroyable manière de travailler ensemble. J’entends quelque chose d’un aspect traditionnel et je ne saurais pas comment l’arranger dans un contexte non-traditionnel. Mike, lui, va dire t’inquiètes nous lui trouverons une place et c’est ce que nous faisons toujours. Il le sait et cela me donne une grande liberté dans le processus de création de la musique ».

« Ce que j’essaie de faire », de dire Mirabal, « c’est de transmettre une histoire. Si vous êtes capable de le faire, les gens vont écouter du début jusqu’à la fin. Ils seront intéressés à ce que tu es et d’où tu viens. Ce pourrait être le rêve d’un chasseur, d’un homme courant vers le haut d’une montagne, peu importe. Ensuite, tu as ce rythme de base qui vient d’un battement de cœur, tu martelles (tapes du pied), et tu l’accélères ou tu le ralentis, tu l’intègres à l’histoire. Avec tout cela mis ensemble, je t’emmène et je te fais jeter un coup d’œil à l’intérieur de mon monde –comme si tu venais chez moi et que tu prenais un bol de chili avec moi. Tu n’as pas à comprendre mes politiques ou ma religion. Tu es juste en train d’écouter mes histoires et il arrive qu’avec la couleur de peau et de la partie d’Amérique d’où je viens, c’est à cela que mes histoires ressemblent ».

Même à l’âge de l’information, la musique définit, préserve et communique l’essence d’une culture d’une manière qu’aucun autre média ne peut faire. Et un nombre varié de gens devienne incroyablement liés par des luttes communes. La musique de Robert Mirabal parle pour et de quelque chose en chacun de nous. C’est vraiment un monde de musique, le son du cœur d’un homme résonnant dans la poitrine d’un autre qui est de l’autre côté du continent. Mirabal est l’alter-autochtone – ancien, moderne, vrai – et de connaître sa musique c’est connaître un petit quelque chose de nous-mêmes.

DISCOGRAPHIE : ROBERT MIRABAL
DISQUE COMPACT – CD
1995 Land
1997 Mirabal
1998 Native American Currents
2000 Taos Tales
2001 Music from a painted cave


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